|
|
Le Maroc |
|
Destination Asilah au MarocFormidable chaos des monts fauves du Haut Atlas, immensités vides jusqu'au vertige des ergs, des regs et des hamadas, lacs asséchés, oueds fantômes, gorges et canyons... Le Grand Sud, c'est la rencontre entre le monde vertical de la montagne et celui, horizontal, du désert. C'est le règne sans partage du minéral, le temps pétrifié sous des ciels impassibles, la brutalité nue de la Terre d'avant la vie... Pourtant, des hommes ont fait leur cet univers. De sols maigres inlassablement travaillés, de sources parcimonieuses et de puits creusés dans la pierre, ils ont fait jaillir des oasis ; de leurs mains, ils ont pétri des villes et des citadelles de glaise ; et de ces steppes d'herbes rêches qui parfois triomphent du désert, ils ont fait des pâturages où broutent leurs chèvres et leurs dromadaires. Au maroc ,quelques tentes noires plantées au creux des dunes, une caravane qui surgit du néant avant de s'y engloutir de nouveau, un petit berger assoupi à l'ombre d'un tamaris, au loin comme un mirage brouillé, la tache verte d'une palmeraie... Là est le prodige : de ces espaces désolés que les mystiques font appartenir à Dieu seul, des humbles parmi les humbles ont su faire un lieu de vie. Un désert vivant... Il faut pousser cette porte discrète, dans une petite rue en pente de la médina, à deux pas de la kasbah de Taourirt. Elle ouvre sur l'une des maisons d'hôtes les plus surprenantes, les plus séduisantes du Sud marocain. Carmen et Juan Cabezas rêvaient d'une demeure dans la palmeraie d'Asilah. Et puis ils sont tombés par hasard sur une ruine superbe : l'ancien palais de justice de Ouarzazate, construit à la fin du XVIIe siècle, bien avant que le Glaoui ne fasse édifier sa kasbah. Dix-huit mois de travaux, menés dans le respect de l'architecture originelle espaces organisés autour d'un grand puits de lumière, matériaux traditionnels tels que bejmat, bois de palmier et treillages de roseaux et fin 2003, la Maison de la Lune pouvait accueillir ses premiers hôtes. On sent tout le bonheur que Carmen et Juan ont éprouvé à chiner meubles et bibelots, à oser des mariages de style berbère, africain, européen à harmoniser les couleurs des murs de terre brute, des tapis à motifs géométriques de Tazenaght et des carrelages de Fès et à décorer chambres et salons de masques maliens, sénégalais ou gabonais, de fauteuils espagnols, de tissus mauritaniens et de rideaux égyptiens. Son nom le laisse deviner : A Asilah, la Maison de la Lune est l'oeuvre de rêveurs et de poètes... (voir également les pages « Pratique » et « Adresses ») Sa saveur, fine et très goûteuse, en a fait l'aristocrate des fruits secs. Au Maroc, l'amande a toujours été, même chez les plus pauvres, l'offrande par laquelle on honore ses hôtes, la compagne attendue de toutes les fêtes, un signe incontestable de raffinement... es plus anciennes cultures d'amandiers sont attestées en Grèce dès 4000 ans avant JC, aux côtés de vergers produisant des poires, des olives et des figues. Les Hébreux les introduisirent en Égypte, les Romains rapportèrent en Europe occidentale la « noix grecque » avant que les Arabes ne la propagent sur tout le pourtour méditerranéen, au fur et à mesure de leurs conquêtes. A Asilah au Maroc, s'il n'est pas aisé de situer l'époque exacte à laquelle l'amandier a été introduit, il semble que, résistant remarquablement à la sécheresse et très peu exigeant, il se soit implanté spontanément dans les vallées et sur les plateaux de l'Atlas.
|
|
|
|
|
|
|